Apprendre à camper en famille

Par Caroline Fontaine, À go, le chaos


J’ai renoué avec le camping il y a quelques années, alors que ma plus jeune n’avait que six mois et mon « grand », un petit deux ans. Ça avait été terrible. Nuits difficiles et froides, temps gris et le bilan stress-relaxation n’était pas très positif. Néanmoins, nous avions retenté l’expérience l’année suivante, en tente roulotte et c’était plus simple, rien de parfait évidemment, mais on arrivait presque kiff-kiff niveau épuisement-détente. En jasant avec d’autres parents de mini-campeurs, je me demandais : « Mais pourquoi on fait tant d’efforts, ils sont encore si petits et s’en souviendront à peine ». La réponse avait été : « On investit pour que ça coule tout seul dans quelques années. » Quatre ans plus tard, je vous confirme que l’investissement valait la peine! C’est maintenant avec une grande hâte que j’attends les premières sorties en camping. Je ne dirais pas que tout roule toujours comme sur des roulettes, mais disons que nous avons su créer un rythme où tout le monde est gagnant.


Créer un lien avec la nature

J’adore voir mes enfants explorer, même si je dois encore parfois me retenir de limiter leur sens de l’aventure. Je leur donne des consignes simples pour encadrer leur exploration. Les espadrilles fermées, les pantalons et chandails longs (légers évidemment) sont toujours de mise dans la forêt. On ne brise rien de vivant et on l’observe. Pas toujours facile. Je leur ai donc préparé des petits « kits » d’aventurier bien simples : petit carnet de notes, traces de pas d’animaux plastifiées, jumelles et loupes. Je crois aussi qu’ils apprennent beaucoup en nous observant et mon conjoint et moi adorons contempler la nature. Il n’est pas rare de nous voir arrêtés sur le bord d’un sentier pour analyser des traces ou déchiffrer le vol plané d’un oiseau de proie. Loin d’être des spécialistes, nous sommes plutôt des curieux et nous transmettons cette curiosité à nos enfants. Les moments d’exploration et d’observation de la nature sont donc une partie essentielle de nos voyages de camping.


L’autonomie pendant les moments d’« attente »

Les moments plus difficiles sont souvent les périodes de transition. L’arrivée et l’installation du campement entraînait souvent des frustrations de toutes parts qui lançaient bien mal les festivités des vacances. Plus nous campons, plus c’est simple, car une petite routine s’installe. Les enfants sont en charge de « nettoyer le terrain ». Ils vérifient si des branches traînent et les mettent près du rond de feu. Ils regardent s’il y a des grosses roches qu’on ne veut pas sous le tapis et ainsi de suite. Ils reçoivent de plus en plus de petites tâches pour installer la petite roulotte que nous possédons maintenant. Un des éléments qu’ils apprécient est que je leur imprime une carte du camping où l’on va. De cette façon, ils peuvent chercher où nous sommes et les points d’intérêt près de notre site. C’est aussi une façon pour eux de faire savoir les activités qu’ils voudront faire. 

Un des autres moments où j’aime que mes enfants soient autonomes et s’amusent seuls, c’est quand nous cuisinons ou rangeons le repas. J’ai eu tendance auparavant à leur apporter tellement de jouets. Mon truc maintenant est plutôt d’en garder « sous la pédale ». Je veux dire que je cache certaines activités. Par exemple, je pourrais leur sortir un ballon ou un paquet de collants à ajouter à leur cahier et ils en auront pour 15-20 minutes à jouer. J’ai toutefois remarqué que le moins est le mieux. Ils n’ont plus le choix de s’inventer des jeux. L’année dernière, ils ont passé tout un séjour à ramasser les glands de chêne tombés sur notre site avec leur filet à papillon. Ils jouaient qu’ils pêchaient des poissons.


Les jouets : le minimum

Les jouets sont donc plutôt utilisés à l’« intérieur ». Nous optons pour les désormais classiques crayons à colorier et cahier de coloriage maison (je leur prépare un duo-tang de coloriages et activités, parfois en lien avec le lieu qu’on visite…ou pas), quelques figurines qui pourront servir à un peu n’importe quelle aventure et des livres évidemment (je prends soin d’en mettre un de type « cherche et trouve » qui peut aussi les occuper longtemps). Le matin, mes enfants sont maintenant habitués de se lever, de prendre un fruit s’ils ont faim et de jouer doucement tant qu’un parent n’est pas levé…la plupart du temps!


Il y a évidemment plusieurs façons différentes de camper. J’aime penser que ma famille et moi avons trouvé notre rythme. Il a fallu des moments de questionnements, de découragements, il a aussi fallu que chacun puisse nommer ses envies et ses frustrations pour que ces expériences partagées ensemble, dans un petit espace, deviennent agréables et rassembleuses.

 

Écrit par Caroline Fontaine, Collaboratrice pour Pastel Ludique

 

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