Lettre à mon fils aîné

Écrit par Odile Lebel

Mon ours, mon ourson, mon nounours, mon crabe, mon loup, mon bébé, mon grand…. Tu es et tu resteras mon premier amour inconditionnel. Depuis que tu es une toute petite poussière venue se déposer dans ta première maison, mon ventre, tu traces un chemin. La grande allée de mon rôle de maman.Tu grandis, tu avances et je te suis en défilant sur cette avenue. C’est toi qui m’enseigne à être une mère. Tu me montres absolument tout. 

En effet, devenir parent ne vient pas avec un manuel d’instruction. En dépit de toutes les lectures que j’ai pu faire, je sais pertinemment que dans la vie réelle, dans le feu de l’action, ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait. Malgré toute ma bonne volonté, je suis une personne qui aime réfléchir avant d’agir pour éviter les maladresses. Par contre, ta spontanéité me force souvent à sortir de ma zone de confort. Sans avoir vécu quelque chose de similaire précédemment, je dois réagir du mieux que je peux et souvent rapidement dans toutes les étapes que nous vivons ensemble pour la première fois. Quand un palier est passé et réussi, je me détends, je profite de notre nouvelle routine qui va si bien. Mais toi tu ne veux pas arrêter. Tu veux avancer, tu veux découvrir, tu veux t’épanouir. Je prends donc une bonne respiration et je me relève pour te guider à nouveau. Il y a eu tant de changements en sept petites années. De l’apparition de ton joli petit minois en passant par tes premières nuits, tes premiers pas, l’apprentissage de la propreté, ta première sortie chez un ami, ta rentrée dans le monde scolaire, une dent qui tombe… et j’en passe ! Remarquablement, tu arrives au prochain niveau avant que je n’aie eu le temps de faire mon deuil du dernier. Je sais que tu n’as pas fini de me surprendre, ce n’est qu’un début. Tu apprends, j’apprends et nous apprenons ensemble. 

À chaque fois je repars à zéro. Je ne sais parfois pas du tout ce que je fais. Je me laisse inspirer par toi et par mon cœur tout en faisant des essais-erreurs. J’ai quelquefois l’impression d’être mieux préparée avec ta sœur et ton frère. Ayant déjà passé par là avec toi, je sais un peu mieux quoi faire et quoi ne pas reproduire. Souvent, je me dis que j’aurais pu ou j’aurais dû faire autrement. Impuissante, je me console en me disant que sur le moment, j’ai fait ce que je croyais être le mieux. Effectivement, le meilleur est ce que je souhaite pour toi à toutes les secondes. J’aimerais toutefois que les erreurs que je fais et que je reconnais te servent à découvrir que c’est tout à fait acceptable de se tromper. Celles-ci sont nécessaires dans tous les apprentissages de l’être humain pour se réajuster, s’améliorer et pour devenir une meilleure version de soi-même. Il ne suffit que de les reconnaître et d’admettre que l’on a eu malencontreusement tort, sans honte et sans culpabilité. J’y travaille, je te le promets. 

Tu me rends néanmoins la tâche tellement plus facile. Tu es si doux, affectueux, compréhensif, respectueux, gentil avec tout le monde.  Ayant perdu ta place d’enfant unique très tôt, tu es aussi devenu autonome rapidement. Tu me rends si fière mon grand garçon. Je suis celle qui t’a offert la vie, mais tu es celui qui a donné un sens à la mienne. Tu m’as choisi pour exercer un rôle difficile, mais aussi le plus important et le plus beau. Je te promets d’être toujours là, derrière toi. De te suivre sur notre route de la vie. Même si en grandissant tu veux de l’espace, je ne serai jamais bien loin. Je resterai  là pour continuer à expérimenter et faire de mon mieux. Je suis certes une maman débutante et imparfaite, mais sois certain d’une chose mon trésor, tu ne manqueras jamais d’amour. Je t’aime infiniment. 

Écrit par Odile Lebel, Collaboratrice pour Pastel Ludique

 

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